Échange avec l'association Paris Animaux Zoopolis

Dernière mise à jour : 8 mars 2021

Lors de notre réunion de groupe local de janvier 2021, nous avons eu le plaisir d'accueillir Amandine Sanvisens, Co-fondatrice de l'association PAZ.


LASSOCIATION PARIS ANIMAUX ZOOPOLIS (PAZ)

Le nom de l’association Paris Animaux Zoopolis (PAZ) vient de l’ouvrage Zoopolis qui a été écrit par deux philosophes Will Kymlicka et Sue Donaldson intitulé « Zoopolis une théorie politique des droits des animaux ». Cet ouvrage jette les bases de ce que pourrait être une société incluant les animaux de manière juste et équitable, sans exploitation, sans les tuer ou sans les emprisonner. C’est dans ce livre qu’apparait la théorisation de la catégorie des animaux liminaires. Jusqu’alors, nous étions dans une catégorisation binaire entre animaux domestiques et animaux sauvages. Les animaux liminaires sont tous les animaux qui vivent en liberté à nos cotés dans l’espace urbain et qui sont souvent rendus invisibles alors même qu’ils sont omniprésents tels que les pigeons, les cygnes, les rats ou encore les lapins. Ces animaux sont souvent méprisés voire massacrés.


"Nous portons la vision d’une société où les animaux liminaires pourraient avoir une place dans l’espace urbain ou ils pourraient vivre leur vie sans être blessés ou tués." Amandine Sanvisens

ANIMAUX LIMINAIRES ?

Au cours d’une vie les animaux peuvent franchir plusieurs catégories. Par exemple : un lapin domestique car élevé par des humains qui se ferait abandonné dans une forêt deviendrait un animal sauvage et puis parce qu’il n’arriverait pas à trouver de la nourriture il se rapprocherait des villes et deviendrait donc un animal liminaire.


Avec le dérèglement climatique, la chasse et la destruction des habitats sauvages, nous avons de plus en plus d’animaux liminaires et de moins en moins d’animaux sauvages, ce qui est très préoccupant.



Nous souhaitons que les pouvoirs publics tels que la Mairie de Paris se posent la question de ce que pourrait être une cohabitation avec les animaux liminaires sans méthode létale. Nous souhaitons pour les animaux liminaires que la Mairie de Paris crée un groupe de travail multi-acteurs (architectes, urbanistes, vétérinaires, associations, élu.es…) pour faire un diagnostic et mettre en place des actions à l’échelle de la ville. Ex : agir sur la politique des déchets pour diminuer la population de rats par une baisse de la reproduction.


Nous travaillons beaucoup sur la question des pratiques cruelles liées à notre loisir, nous souhaitons qu’il y ait des interdictions car nous considérons que les animaux ne sont pas là pour nous divertir. A ce sujet, l’actualité est la proposition de loi issue de la majorité présidentielle, qui est une avancée, mais elle reste largement insuffisante. Elle n’est pas à la hauteur des enjeux, la population française est plus en avance sur la condition animale que certain⸱es les élu⸱es à l’échelle locale ou nationale. Il y a un décalage sur tous les sujets de la cause animale. Par exemple, sur la question des spectacles : la gouvernement veut interdire certains animaux dans certains spectacles et sans date butoir.


POUR LA FERMETURE DU MARCHÉ AUX OISEAUX

A propos du marché aux oiseaux, nous sommes très heureux : les écolos de Paris Centre ont contribué fortement au fait que la Mairie de Paris centre adopte le vœu en conseil de secteur pour la fermeture du marché aux oiseaux. La question du trafic est très importante, mais nous en tant que mouvement animaliste, ce qui nous intéresse ce sont les individus, c’est à dire le fait qu’on les emprisonne, qu’on les vende comme des marchandises avec un système d’élevage. Cela veut dire que ces animaux sont sélectionnés et qu’une reproduction est organisée dans le but de les vendre. Nous voulons remettre en question toutes ces pratiques.


ZOO

Sur le sujet de la Ménagerie : nous souhaitons que la ménagerie soit fermée et devienne un lieu éducatif et scientifique sans animaux emprisonnés. Il est important de rappeler que la majorité des espèce présentes ne sont pas du tout en voie de disparition, comme les flamants rouges qui sont présents pour des raisons esthétiques. Sur le sujet des zoos, la question à se poser est la suivante: le fait que, dans le monde, des espèces sont menacés d’extinction à cause des comportements de l’Homme justifie-t-il d’en emprisonner dans des zoos ? Par ailleurs, le volume d’espèces réintroduites est anecdotique. Le but premier des Zoos reste le divertissement : un public paye son entrée pour voir des animaux de près. Avant d’aller au zoo, découvrons déjà nos animaux sauvages et liminaires en France (les oiseaux, les cerfs, les lapins…) D’un point de vue pédagogique, présenter des animaux en captivité qui n’ont plus aucun des comportements qu’ils auraient à l’espace sauvage est un non-sens. Par ailleurs, la Ménagerie est un des zoos les plus anciens et vétustes en Europe.


LA PÊCHE

Les poissons aussi souffrent, même si on ne les voit pas sous l’eau, qu'on ne les entend pas car démunis de cordes vocales, et qu’ils ont peu d’expressions faciales contrairement aux chiens par exemple. On a donc beaucoup moins d’empathie alors qu’ils souffrent tout autant. Nous avons deux campagnes sur le sujet :

  1. Interdiction de la pêche à Paris : A Paris nous sommes dans une situation particulière, un arrêté préfectoral interdit le fait de manger ou commercialiser des poissons alors qu’on a le droit de les pécher. On considère ainsi les poissons comme des objets pour du loisir. Par ailleurs, les poissons ne sont pas obligatoirement relâchés et lorsqu’ils le sont, ils sont souvent blessés.

  2. Interdiction de la pêche au vif : il s’agit de la technique de pêche la plus barbare. Elle est interdite dans plusieurs pays (Irlande, Suisse, Autriche…). Cette pratique consiste à utiliser un animal vertébré vivant (ex : un poisson) comme appât pour attirer un poisson plus gros. Des villes vont présenter des vœux à ce sujet dont Grenoble et Paris (La métropole de Grenoble et Paris ont voté un vœu pour l’interdiction de la pêche à vif).


LA PLACE DES PIGEONS À PARIS

Corine Faugeron indique que Christophe Najdovski souhaite développer les pigeonniers à Paris. Ce dispositif est une bonne façon de réguler les pigeons tout en leur donnant une nourriture saine. Pratique inspirante à ce sujet : en Suisse, il existe des nourrisseurs de pigeons qui entretiennent les pigeonniers, ce qui permet de sensibiliser et d’inclure les habitants dans la prise en compte du bien-être de ces oiseaux.


Nous souhaitons que la Ville de Paris mette également les moyens pour l’entretien des pigeonniers et que cela ne repose pas uniquement sur les habitants. Une bonne pratique de cohabitation avec les pigeons, celle de Barcelone. il y a un budget de la ville pour nourrir les pigeons avec des graines qui sont à la fois adaptées à leurs besoins et contraceptives. Cela a permis en 2 ans de diviser la population des pigeons par deux ou trois.

Une étude du Muséum national d’Histoire naturelle à analysé la raison pour laquelle les pigeons ont les pattes mutilées à Paris. Il y aurait trois facteurs :

  • Les ficelles de poubelles qui créent des garrots aux pattes ce qui fait tomber leurs orteils ;

  • Les cheveux qui s’échappent des poubelles des coiffeurs mutilent les orteils des pigeons ;

  • La pollution.


LA PLACE DES RATS À PARIS

Corine Faugeron rappelle que les vétérinaires de la ville sensibilisent les élu.es sur le fait qu’il n’y ait aucun problème sanitaire par rapport aux rats. Par ailleurs, sans les rats, les égouts ne fonctionneraient pas correctement. Les rats sont aussi le signe du gaspillage alimentaire : il n’y a pas de rats dans les villes très pauvres ou il n’y a rien à manger.

Pour nous un des problèmes majeurs est que certaines élues notamment de droite, agitent des peurs non rationnelles à ce sujet. Nous demandons qu’il y ait une étude sur le nombre des rats à Paris. Cela a été fait à NYC et ça a permis de se rendre compte qu’il y en avait beaucoup moins qu’annoncé. En ce sens, le Muséum national d’Histoire naturelle va réaliser une étude de 2 ans sur le comportement du rat à Paris.



Sylvain Maschino évoque le sujet de la perception du rat qui est lié à l’éducation et à nos représentations. Quelle place à des actions de sensibilisation en milieu scolaire ?


A propos du rat il y a une dissonance cognitive, notamment sur sa représentation. Nous espérons d’un point de vue éducatif pouvoir mettre en place, après la crise sanitaire, des cycles de conférences sur le sujet des animaux liminaires et notamment des rats en lien avec les mairies d’arrondissements.

 








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